Patchs ou gommes ? Les deux ? Et ce médicament dont parle votre beau-frère ? Quand on veut arrêter de fumer, les conseils fusent de partout. Ce guide fait le tri en s’appuyant sur ce que disent les autorités de santé françaises et les grandes synthèses scientifiques. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel : il vous aide à préparer la conversation.
La base : nicotine et accompagnement, ensemble
La Haute Autorité de santé (HAS) a publié en 2014 une recommandation pour les professionnels de premier recours. Trois messages clés :
- Les traitements nicotiniques de substitution peuvent être prescrits en première intention.
- Il est recommandé d’associer un accompagnement psychologique aux traitements à base de nicotine.
- « L’accompagnement par un professionnel de santé est un des facteurs clés pour arrêter de fumer. »
La HAS a engagé une actualisation de cette recommandation (note de cadrage validée en 2023, qui prévoit notamment d’aborder les outils numériques). Vérifiez sur has-sante.fr si une nouvelle version a été publiée.
Les substituts nicotiniques : de quoi parle-t-on ?
Les substituts apportent de la nicotine sans la fumée (sans goudrons ni monoxyde de carbone), pour atténuer le manque pendant que l’on apprend à vivre sans cigarette. Selon l’Assurance Maladie, il en existe plusieurs formes :
- les patchs (timbres), qui diffusent la nicotine en continu pendant la journée ;
- les formes orales : gommes à mâcher, pastilles ou comprimés à sucer, inhalateurs, sprays.
Les formes orales agissent plus vite et servent souvent à gérer les envies soudaines. Une synthèse des revues Cochrane publiée en 2024 dans la revue Addiction (Livingstone-Banks, Lindson et Hartmann-Boyce) rapporte, avec un niveau de certitude élevé, qu’associer un patch et une forme rapide aidait davantage de personnes à arrêter qu’une seule forme. Le bon dosage dépend de votre dépendance : l’Assurance Maladie conseille d’être attentif aux signes de sous-dosage ou de surdosage. Votre médecin, votre pharmacien ou un tabacologue peut vous aider à l’ajuster.
Comment les obtenir remboursés
Selon l’Assurance Maladie :
- depuis le 1er janvier 2019, les substituts inscrits sur la liste des produits remboursables sont remboursés à 65 % sur prescription ;
- peuvent les prescrire : médecins (y compris médecins du travail), sages-femmes, infirmiers, chirurgiens-dentistes et masseurs-kinésithérapeutes ;
- l’ancien forfait annuel de 150 € a été supprimé ;
- la pharmacie peut appliquer le tiers payant.
Sans ordonnance, vous pouvez en acheter en pharmacie, mais ils ne sont pas remboursés.
Les médicaments sur ordonnance
Deux médicaments sans nicotine sont cités par la HAS et l’Assurance Maladie : la varénicline et le bupropion. Dans la recommandation de 2014, ils sont réservés à la seconde intention, et ils ne sont pas recommandés pendant la grossesse (ameli.fr).
- La varénicline : après une interruption, elle est de nouveau disponible en France ; selon Vidal (juin 2025), elle est remboursable à 65 % sous conditions (notamment une forte dépendance), sur prescription médicale. Le traitement commence en général une à deux semaines avant la date d’arrêt.
- Le bupropion : également sur ordonnance, avec des précautions d’emploi spécifiques.
- La cytisine, une molécule proche de la varénicline, est étudiée dans les revues Cochrane ; renseignez-vous auprès de votre médecin ou pharmacien sur sa disponibilité en France.
Ces médicaments ont des contre-indications et des effets indésirables possibles. La décision se prend avec un médecin, jamais sur les conseils d’un forum (ni d’une application).
L’accompagnement : le grand oublié
On pense spontanément « patch » ou « médicament », et on oublie souvent l’accompagnement. Pourtant, c’est un pilier des recommandations.
- Le 39 89 (Tabac Info Service) : un suivi gratuit et personnalisé par un tabacologue, au téléphone, du lundi au samedi de 8 h à 20 h.
- Les consultations de tabacologie : en ville ou à l’hôpital, à trouver via l’annuaire « Je trouve un tabacologue » sur tabac-info-service.fr.
- Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) : selon Vidal (mise à jour 2024), elles font partie des aides reconnues à l’arrêt du tabac et à la prévention des rechutes, et elles fonctionnent mieux associées à un traitement médicamenteux. Elles se pratiquent seul ou en groupe.
- Le médecin traitant, qui peut orienter vers un addictologue, un psychologue ou une consultation spécialisée.
Et les autres méthodes ?
Dans sa recommandation de 2014, la HAS indique que certaines approches (acupuncture, hypnose, activité physique) n’avaient pas montré leur intérêt pour l’arrêt du tabac, mais qu’elles « ne doivent pas être découragées » si la personne les trouve utiles. Elles peuvent donc compléter, sans remplacer, les aides recommandées.
Sur la cigarette électronique, la HAS indiquait en 2014 qu’elle n’était pas recommandée comme outil d’aide à l’arrêt ; le sujet fait partie de l’actualisation engagée. Si la question se pose pour vous, parlez-en à un professionnel de santé.
Où se situe IlliStop dans tout ça ?
Nulle part dans les recommandations, et c’est normal. IlliStop est un jeu, pas un médicament, pas un dispositif médical, pas un accompagnement. C’est un jeu de rôle rétro façon dessin animé des années 30, qui se joue à deux : pacte, chat, statut du jour partagé (votre binôme voit seulement si vous êtes « dans l’objectif » ou non, jamais vos chiffres), ligne SOS pendant la partie, et un monde qui passe du noir et blanc à la couleur.
Il peut s’ajouter à vos substituts, à votre suivi au 39 89 ou à vos consultations, pour rendre le quotidien plus léger. Il ne doit jamais les remplacer. Si une application vous dit le contraire, méfiez-vous.
IlliStop est gratuit jusqu’au 30 novembre 2026 inclus, pendant le Mois sans tabac (IlliStop n’est ni affilié ni soutenu par Santé publique France). Ensuite, essai de 3 jours sans carte bancaire, puis 13 € TTC en achat unique, sans abonnement.
En résumé
- Substituts nicotiniques en première intention, de préférence avec un accompagnement.
- Remboursés à 65 % sur prescription d’un médecin, d’une sage-femme, d’un infirmier, d’un dentiste ou d’un kiné.
- Varénicline et bupropion : sur ordonnance, en seconde intention selon la HAS 2014.
- L’accompagnement (39 89, tabacologue, thérapies comportementales et cognitives) est un pilier, pas une option.
Sources
- Haute Autorité de santé (2014), Arrêter de fumer et ne pas rechuter : la recommandation 2014 de la HAS
- Haute Autorité de santé (2023), Arrêt de la consommation de tabac : actualisation, note de cadrage
- Assurance Maladie (ameli.fr), Substituts nicotiniques : règles de délivrance et de prise en charge
- Assurance Maladie (ameli.fr), Les astuces pour arrêter de fumer et le sevrage tabagique
- Vidal (2025), Sevrage tabagique : remise à disposition de la varénicline confirmée
- Vidal (2024), Arrêter de fumer : que faire ?
- Livingstone-Banks J, Lindson N, Hartmann-Boyce J. Synthèse des revues Cochrane sur l’arrêt du tabac 2021-2023, Addiction, 2024 (communiqué)
On s’y met à deux ?
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Cet article informe ; il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un tabacologue. Aide gratuite : Tabac Info Service, 39 89 (tabac-info-service.fr).

